Les audaces lexicales de Petrus Martyr d'Anghiera dans la première décade du de orbe nouo

Briggitte GAUVIN

Resumen


Lorsque Pietro Martire d'Anghiera, lettré italien établi depuis peu à la cour d'Espagne, entreprit en 1492 de se faire le chroniqueur de la découverte du Nouveau Monde et d'envoyer régulièrement aux plus hauts dignitaires italiens des informations sur les progrès de la conquête, il décida tout naturellement d'écrire en latin. Cependant, ce choix allait poser à l'auteur du De Orbe Nouo des problèmes inattendus, notamment en ce qui concerne le lexique. En effect, par sa situation, Petrus Martyr se trouvait partagé entre plusieurs langues: s'il se devait de rédiger en latin, il écrivait à des Italiens mais retirait l'essentiel de ses informations de récits, oraux ou écrits, en castillan; de plus le sujet même de ses lettres offrait lui aussi plusieurs difficultés inhérentes au lexique: tout d'abord le chroniqueur ne pouvait éviter l'emploi de termes techniques usuels et récents, espagnols ou italiens, par exemple dans le domaine de la navigation; ensuite il se trouvait confronté à des termes espagnols spécifiques comme les grades et les titres; enfin le plus grand problème venait de la confrontation avec un idiome totalement nouveau, le langage des Tainos, et avec des noms qui n'avaient absolument aucun équivalent sur le continent européen puisque les choses qu'ils désignaient n'y existaient pas. Pour exprimer tout ceci, Petrus Martyr n'avait à sa disposition qu'un seul outil, le latin cicéronien, référence absolue de l'humanisme naissant. Et dès la première lettre, il découvrit le problème qu'il allait devoir résoudre: le vocabulaire du latin cicéronien n'était pas parfaitement adapté à son sujet.

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