Corpus dicitur quidquid videtur et tangitur: Origines et enjeux d'une définition

Anne GRONDEUX

Resumen


RÉSUMÉ: Definir le nom comme une partie du discours qui signifie soit un corps soit une « chose » (corpus aut rem) parait étre une innovation de YArs Donan, a mettre en relation avec la Techné de Denys le Thrace, car toutes les artes qui dérivent de l'enseignement de Sacerdos emploient les expressions res corporalis vs. res incorporalis, au lieu de corpus vs. res utilisée par Donatus. De plus, une seule tradition fait référence a la vue et au toucher pour caractériser les corps, celle qui remonte a l'Ars Charisii, une grammaire romaine indépendante de l¡Ars Donan, qui fait le lien entre étre corporel et étre sensible. A partir du viie siécle, la definition de l'Ars maior II 2 fournit aux commentateurs l'occasion de développer ce que Donat voulait diré par corpus aut rem, 'un corps ou une chose'. Pour clarifier sa definition, les commentateurs devront expliquer ce qu'est un corps et ce qu'est une chose, en s'inspirant plus ou moins de la definition de Charisius (ce qui peut étre vu et touché, ou ce qui peut étre vu ou touché), et aussi s'interroger sur un genre de nom tres partículier, celui des « choses a nom propre».

ABSTRACT: Defining the noun as a part of speech meaning a body or a «thing» {corpus aut rerri) appears to be an innovation of the Ars Donati, linked to the Techné written by Dionysius Thrax, since the artes being derivative of Sacerdos' all use the expressions res corporalis vs. res incorporalis, instead of corpus vs. res used by Donatus. Moreover, only one tradition refers to seeing and touching to caracterize the bodies; this is what is read for the first time in the Ars Charisiii, a Román grammar independant from the Ars Donati, which assumes a link between being corporeal and being sensible. From the VIIth c, the definition of Ars maior II 2 provided the commentators with the opportunity to develop about what Donatus meant when saying corpus aut rem, «a body or a thing». To clarify his definition, commentators will have to explain what a body is and what a «thing» is, more or less borrowing from Charisius' definition (what can be seen and touched, or what can be seen or touched), as well as to investígate a very particular sort of nouns, «things having a proper ñame».


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